Saint-Jacques de Compostelle - Le Voyage Alchimique - Étape 5


CINQUIÈME ÉTAPE
SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE - La matière première des alchimistes


Avec Patrick Burensteinas. Un film de Georges Combe. Durée : 65 minutes
Musique : Gilbert Grilli. Voix de Gin Candotti-Besson et Georges Combe. 
Texte : Georges Combe avec la participation de Gin Candotti-Besson.


Sur le Chemin de Saint-Jacques, nos pas semblent nous conduire inexorablement vers un autre monde, celui que nous ouvre l'alchimie. D'étape en étape, nous allons questionner la Mort ("l'âme-hors") et le Temps. Symboles, mythes et lieux privilégiés se mêleront pour préciser ces interrogations avant que la Pierre Philosophale nous apporte une réponse. La route de Saint-Jacques de Compostelle est bien une route alchimique.

D'abord, au col de Roncevaux, nous rencontrons le souvenir de Roland, dont l'épée avait été emportée par Saint-Michel et plantée dans la falaise de Rocamadour. A Eunate, nous découvrons une chapelle octogonale qui, par sa forme, fait le lien entre le Ciel et la Terre. C'est un lieu habité par Mercure et Saint-Michel... L'église est attribuée aux Templiers et, comme tout lieu magique et sacré, elle est encore pourvue de sa triple enceinte énergétique. Plus loin sur le chemin, c'est à une véritable méditation sur la mort, les apparences, et le sens de l'Oeuvre au Noir que nous convient les murs de Castrojeriz. Enfin, à l'entrée de la Galice, le col du Cebreiro nous amène à comprendre que le chemin de Saint-Jacques de Compostelle ne nous fait pas seulement traverser l'espace ; il est une Porte du Temps.

Le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle est un parcours initiatique. Antérieur au pèlerinage chrétien, il est le reflet des mythologies gréco-latines et celtes. C'est ainsi que nous retrouvons Hercule, que nous avions entrevu à Bruxelles et que le Mont Saint-Michel évoquait puisqu'on le qualifiait parfois de "port d'Hercule". Hercule est une des personnifications de l'alchimiste et ses Travaux sont souvent comparés à ceux qui conduisent à la Pierre Philosophale. C'est ainsi qu'en entrant dans la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle, nous avons la surprise de voir qu'Hercule est là pour nous accueillir. II soutient le trumeau du fameux "portail de gloire" de maître Mathieu. 

L'alchimie peut expliquer cette présence incongrue dans un édifice chrétien, mais la mythologie et les légendes viennent l'enrichir : Hercule avait cueilli les pommes d'or du fameux jardin des Hespérides, que certains situent sur une île à l'ouest de l'Espagne et fait le lien avec les légendes celtes et l'île d'Avallon, qui est aussi une'"'île des pommes". Elle apporte la connaissance des choses secrètes et sacrées, permet de vaincre le Temps, et de trouver l'Eternelle Jeunesse. Le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, qui épouse la trace d'éternité laissée dans le ciel par les étoiles de la Voie lactée, semble nous y conduire...

Nous éprouvons le sentiment que Saint-Jacques de Compostelle n'est pas le véritable terme du Chemin pour l'alchimiste. Il faut nous enfoncer plus avant dans la Galice, cette terre celtique qui a conservé de nombreux dolmens et les vestiges de villages celtes qu'on appelle des "castros". Ce sont les lieux d'une véritable initiation, transmise depuis l'aube des temps dont Patrick Burensteinas nous montre le déroulement. Ils font revivre la naissance, et la mort, avec la participation des forces de la Nature. Ils amènent ainsi l'alchimiste à un état d'esprit qui lui permettra de fabriquer la Pierre Philosophale. Mais encore lui faut-il trouver la Matière Première de l'Oeuvre...

En approchant de "la Côte de la Mort", -car c'est ainsi qu'on appelle la côte de la Galice-, tout un jeu de légendes, de mythes et de traditions guide l'alchimiste vers une plage précise où il va enfin pouvoir recueillir cette Matière Première. Ce lieu est voisin du cap Fistera (la "fin de la terre") qui marque aussi la véritable fin du voyage pour un certain nombre de pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle....

Certes, la Matière Première de l'Oeuvre peut se trouver ailleurs en Europe, dans des mines, mais le chemin de Compostelle offre à l'alchimiste la condition essentielle de sa réussite : sa transformation intérieure, une perception différente des choses, des êtres et du monde. C'est un peu comme si, au bout du Chemin, nous avions déjà rencontré les effets de la Pierre : nous sommes "ici" mais nous commençons, par la biais du film et des images, à nous sentir "ailleurs".

Il est alors temps de se mettre au travail dans le laboratoire alchimique et d'appliquer des modes d'emploi précis. Désormais, nous sommes à même de les comprendre. Nous en découvrirons les premiers éléments en passant à nouveau devant la cathédrale de Chartres, puis en déchiffrant le message de Nicolas Flamel qui avait lui aussi, selon sa légende, fait le voyage de Saint-Jacques de Compostelle. Enfin, des églises parisiennes nous livreront quelques derniers secrets : tel sera le contenu de notre sixième étape, avant l'ultime récapitulation et l'aboutissement de nos travaux et de notre périple, à Notre-Dame de Paris.

Images du film

Sur le chemin de Saint-Jacques…
… le col de Roncevaux
Castrojeriz.
La longue et brûlante traversée de la Meseta…
… où l’alchimiste se croit lui-même à l’intérieur de son creuset.
Le col de la Croix de Fer, où chaque pèlerin dépose une… pierre.
La longue montée au col de Cebreiro.
L’arrivée à Saint-Jacques.
L’alchimiste reste en contact avec la terre gardée par les bouches des lions…
… l’alchimiste a compris que le chemin continue après Saint-Jacques…
… et rend hommage à Maître Mathieu, Le bâtisseur de la Cathédrale.
… jusqu’à l’océan, à Muxia…
Il ne doit pas se laisser attirer par les ors de la cathédrale
… jusqu’au monde étrange de Baronia…
… et de ses dragons…
… et enfin jusqu’à la " plage du croissant "…
… où l’alchimiste trouve sa " matière première ", rejetée par la mer.
Le voyage à Saint-Jacques est terminé.
Le chemin lui a permis de quitter ses scories…
Il peut revenir, comme Nicolas Flamel, traverser la mer argentée et retrouver son " labor-oratoire..."pour y réaliser le Grand-Oeuvre.