Les critiques

Le Monde : Lyon s’étrangle autour des « arêtes de poisson »

Un débat passionné fait surface à Lyon, en dehors des circuits officiels et commerciaux, à propos des « arêtes de poisson », du nom d’un vaste réseau souterrain, datant de plusieurs siècles, creusé sous la colline de La Croix-Rousse, à une trentaine de mètres de profondeur. Depuis quelques mois, un documentaire et plusieurs conférences relancent ce mystère, après une étude archéologique en 2008, qui date le site de la période antique, et un livre en 2009, défendant la thèse d’une construction à l’époque médiévale par l’ordre des Templiers.

La conception des « arêtes de poisson » est unique au monde. Deux tunnels centraux sont superposés, parsemés de puits et de salles voûtées, àpartir desquels partent perpendiculairement trente-deux galeries de trente mètres de longueur, parfaitement identiques. La date de construction reste incertaine et la fonction inexpliquée. Dans une ville à forte culture ésotérique, les « arêtes de poisson » agissent comme une caisse de résonance, mêlant arguments scientifiques, théories historiques variées, fantasmes personnels, dans une joyeuse liberté de penser, sans oublier un enjeu archéologique majeur, peu exploré, voire menacé.

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Le site : Ultrazonetv.com

Les Souterrains du temps Arca Mundi de George Combe

Aprés un voyage Alchimique en Europe ( où il filme en 7 étapes les pérégrination d' un Alchimiste moderne ) Georges Combe revient dans sa ville natale de Lyon pour une œuvre plus personnelle mais non moins ambitieuse : un relecture symbolique de la découverte des souterrains Lyonnais( dénommés les arêtes de poison découvertes en 1959 et médiatisées en 2007 suite au percement du tunnel de la Croix Rousse ..) .

Signalons le travail de modélisation en 3D de Emmanuel Bernot et Philippe Dessaint qui nous permet de mieux concevoir l'ampleur du phénomène ( 32 galeries en symétrie soit 16 paires sur 2 kilomètres avec un couloir central avec des puits de 8 m

On retrouve là l' inspiration des documentaires peu connus du cinéaste Jean Grémillon ( voir entre autre Alchimie et Astrologie …) : l' histoire personnelle rejoint l' Histoire universelle de l' homme avec une bande son digne d'un opéra ( dans les notes il s' avoue fan de Wagner ) : c'est une voie de l' entre deux ( entre documentaire sec et fiction délirante …) qui nous relie au monde imaginal cher à Henri Corbin .

Ce film d'une durée de 3h30 se regarde d'une traite : sa trame introspective peut être complétée par des «  Notes sur Images » qui suivent la trame des chapitres .

Ainsi George Combes fait à la fois œuvre de poète et d' enquêteur rigoureux : il cite ses sources et notamment l' ouvrage de Walid Nazim sur l' énigme des arêtes de Poisson et explore lui même ces souterrains de plusieurs kilomètres sous la colline de la Croix Rousse : un travail de 3 ans qui trace un fil d' Ariane entre l' histoire de Lyon et celle de l'Occident en passant par Jérusalem ...

Il nous convie à un envoutant voyage dans l' espace temps proche du réalisme fantastique de la revue Planète : le sous titre «  Arca Mundi » renvoie à l' idée d'un histoire secrète localisée dans l' architecture ( tels les médaillons du portail central de Notre Dame ).

A l' appui de sa lecture symbolique des souterrains Lyonnais il évoque un certains nombres de personnages clefs mythiques ( Lug , Apollon , Hermès , Christian Rose Croix , Henoch ) et réels ( Nostradamus ,Jean Clottes , Fulcanelli , Jung ,Jean Baptiste Willermoz , le père Ménestrier Rabelais , Aggripa, Ravatin...) et des artistes ( Joyce , Rosselini , Wagner ,Chrétien de Troyes , Eschenbach ,Alde Manuce , Colonna , Durer , Rabelais …)

Au final l' auteur préserve le mystère et ne tranche pas sur l' origine et la fonction de ces souterrains mais les questions et les pistes proposées nous ouvrent des perspectives fabuleuses .

On a alors conscience d'avoir parcouru un 8éme parcours dans une ville Alchimique où l' art des constructeurs est un fabuleux miroir ( tel l'ouvrage hermétique le songe de Polyphile )des rapports entre microsome et macrocosme ...

Pour découvrir la critique sur le site : ultrazonetv.com


Critique de Jean-Noël Cuénod (blog : Un plouc chez les bobos, en partenariat avec La Tribune de Genève)

Le cinéaste Georges Combe est un gone. C’est-à-dire un enfant de Lyon. Mais « gone » signifie aussi, en étymologie grecque, « angle » (polygone, hexagone etc.). C’est-à-dire cet « espace entre deux lignes qui se croisent ».  Et l’humain, gone de tous les azimuts, vit au centre de ce croisement entre ligne du ciel et ligne du sol.

Caméra au cœur, Georges Combe a découvert d’autres angles mystérieux, ceux formés par ces réseaux souterrains, à la structure géométrique complexe, situés sous la Croix-Rousse à Lyon et nommés « Arêtes de poisson ». Des réseaux qui vont le mener à Miribel certes, mais bien plus loin, à Rome et à Jérusalem notamment.


 Il en a fait une œuvre complète ­– Les Souterrains du Temps - Arca Mundi – qui se décline sous deux formes : d’une part, un coffret contenant les deux DVD de la version longue du film (trois heures trente) ainsi qu’un livre de 300 pages, Notes sur images, rédigé par le cinéaste qui est également agrégé ès lettres (vous pouvez acquérir ce coffret, DVD et livre sont inséparables, en cliquant sur cette zone) ; d’autre part, un film version « cinéma » d’une heure trente qui sera bientôt présenté à Paris (lire les dates et lieux à la fin de ce texte).

  Ce que Georges Combe y a découvert, dans ces célestes entrailles, va bien au-delà de l’anecdote et même de l’intérêt historique. Devant sa caméra et son micro, historiens et archéologues tentent de percer ce mystère. Tentent, car comme des truites dans un torrent, les « Arêtes de poisson » vous glisse des mains. C’est sans doute à un physicien, l’impressionnant Philippe Guillemant (lisez de toute urgence sa Route du Temps), que l’on doit l’éclairage le plus puissant. En se fondant sur la physique quantique, Guillemant trace des hypothèses qui bouleversent les notions de passé, de présent et de futur.

Car ces « Arêtes de poisson » remettent, elles aussi, en question l’espace et le temps, tels que nous les vivons. Ou plutôt tels que nous croyons les vivre… Personne ne sait qui les a construites, ni pourquoi ni quand. Romains, Gaulois, Templiers, militaires du XVIe siècle ? Toutes ces questions restent ouvertes. Mais ce ne sont pas forcément les plus intéressantes. Citons-en d’autres.

Pourquoi en 1796, le célèbre franc-maçon lyonnais, Jean-Baptiste Willermoz, achète-t-il les terrains situés au-dessus des « Arêtes de poisson » pour une somme considérable ? Ce soyeux avait du bien, certes, mais n’a-t-il pas fait cette acquisition pour le compte de tiers restés inconnus ? Willermoz est le principal concepteur d’un système maçonnique, le Régime Ecossais Rectifié, qui est encore pratiqué de nos jours. L’un des rituels rédigés par l’ésotériste lyonnais précise que le pavé mosaïque « couvre l’entrée du souterrain du Temple ». Les souterrains, semble-t-il, ont attiré Jean-Baptiste Willermoz comme des aimants…

Pourquoi existe-t-il des correspondances étonnantes entre les souterrains de Lyon, de Rome et de Jérusalem ? Georges Combe pose ces questions, avance des hypothèses et surtout relie des faits, sans asséner des vérités, sans affadir le mystère qui doit rester entier.

A la fois rationnel et mystique, le film de Georges Combe peut se regarder de différente manière mais il nous atteint au-delà de la raison discursive pour nous plonger dans une sorte de bain d’hypnose. A certains moments, nous ne suivons plus les explications, nous sommes entrainés ailleurs. Les « Arêtes de poisson » nous conduisent alors vers nos propres souterrains. Y ferons-nous de mauvaises rencontres ?

« Les Souterrains du Temps-Arca Mundi » est plus qu’un film, plus qu’une œuvre, c’est une expérience de vie.

La musique, une des passions de Georges Combe, y tient une place éminente. Comment pourrait-il en aller autrement ? Ces « Arêtes » en forme de tubes d’orgue ont-elles célébré la musique des sphères en clef de sous-sol ? Et si elles symbolisaient le Diapason divin qui donne le « la » à l’Univers ?

Jean-Noël Cuénod : "Blog du plouc"